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ABI Redouane

Redouane Abi est né le 7 octobre 1967. Il était marié et père d’un enfant. Il résidait en France et était venu en vacances voir ses parents qui habitaient à Moussa Roubai, dans le Daïra de Bab El Oued à Alger.

HISTOIRE DE LA DISPARITION 

Le 22 octobre 1994 à 18h, Redouane avait rendez-vous avec une personne pour lui vendre la moto de son oncle. Il s’y est rendu  accompagné de son ami Farid. A cette époque, le couvre-feu était à partir de 23 heures. La mère de Redouane, ne voyant pas son fils rentrer, a commencé à s’inquiéter et est allée aux nouvelles.

Farid, l’ami de Redouane, leur dit qu’il avait été arrêté par les services de la sécurité militaire, et qu’il se trouvait sûrement à Ben Aknoun. Farid travaillait d’ailleurs à la sécurité militaire. Par la suite, Farid a annoncé à la famille que Redouane avait été transféré à Château Neuf, puis, au 27e jour de sa détention à Boufarik, et ensuite au Sahara par avion, où il aurait été torturé.

Après sa disparition, la famille du disparu a été tourmentée par la police. Le frère de Redouane, Mohamed, a été arrêté et retenu au commissariat de Bab El Oued pendant 8 jours. Le fils de Redouane, Toufik, a été retenu à Ben Aknoun pendant 5 jours. Ils ont tous deux été torturés puis relâchés.

Ces harcèlements ont cessé à partir de 2005 suite à l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Cependant la famille n’a eu aucune nouvelle ni signe de vie de Redouane depuis.

INITIATIVES DE LA FAMILLE

Le père de Redouane a envoyé une plainte à l’ONDH (l’Observatoire National des Droits de l’Homme) le 15 février 1995. Le 25 octobre de cette même année, deux autres plaintes ont été envoyées au Ministre de la Justice et au Procureur Général de la cour d’Alger.

Le 18 octobre 2004 la mère de Redouane, Djemaâ Abi, a envoyé une plainte au juge d’instruction du tribunal de Bab El Oued.

Le 9 août 2006, une plainte a été envoyée au Procureur Général du tribunal de Bab El Oued par la mère, ainsi qu’à la CNCPPDH (Commission Nationale Consultative de Promotion et de Protection des Droits de l’Homme), à Razak Bara le conseiller auprès de la présidence, au Chef du Gouvernement, au Ministre de la Justice et au Président de la République.

D’autres plaintes ont été envoyées par Djemaâ Abi, le 5 février 2008 au Procureur Général du tribunal de Baïnem, et le 27 novembre au Chef de la police de la sûreté de Bab El Oued.

Un constat de disparition a été délivré le 9 septembre 2006 par la sûreté de la Daïra de Bab El Oued. Le 25 septembre de cette même année, la mère de Redouane a reçu une réponse du Chef du Gouvernement, lui indiquant que l’affaire de son fils avait été transférée au service concerné de la CNCPPDH.

Un avis de déclaration, daté du 26 octobre 2008 a été adressé à la sûreté urbaine de Bab El Oued, suite à la demande du juge d’instruction du tribunal de Bab El Oued. La sûreté urbaine a déclaré à la famille Abi, Que Redouane ne figurait ni sur la liste des disparus, ni sur la liste des personnes recherchées par les forces de l’ordre. 

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