BOUKHLIF Rabah

NOM:   BOUKHLIF
PRÉNOM:   Rabah
DATE DE NAISSANCE:   24/02/1970
SEXE:   Masculin
VILLE DE RESIDENCE:   Cité Laabaziz, Bougara, wilaya de Blida
NATIONALITÉ:   Algerienne

DISPARITION
DATE DE LA DISPARITION:   15/02/1995LIEU DE L’ARRESTATION OU ENLÈVEMENT, OU LIEU OÙ LA PERSONNE DISPARUE A ÉTÉ VUE POUR LA DERNIÈRE FOIS.( VILLE / RÉGION):   Dans une rue du quartier de Bougara
FORCES SUPPOSÉES RESPONSABLES DE LA DISPARITION (FORCES GOUVERNEMENTALES OU DÉPANT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT DE L’ETAT):   Des gardes communaux
HISTOIRE DE LA DISPARITION SELON LES TÉMOINS:  
Rabah était paysan et père de deux enfants. Il vivait à la Cité Laabaziz dans la wilaya de Blida.

Le 15 février 1995, Rabah part en tracteur avec son neveu faire des courses à Bougara. Le quartier de Bougara était un quartier où les accrochages entre les militaires et les terroristes étaient très fréquents.

Alors qu’ils sont sur le chemin du retour, Rabah est arrêté par des gardes communaux de Bougara. Son neveu ainsi que deux personnes, RAHAL Omar et DEBBOUB Omar, ont été témoins de l’arrestation.

Le lendemain de l’arrestation, son père et son frère ont déclaré l’avoir vu dans les sous-sols de la mairie, où il serait resté pendant trois jours. Les gardes communaux ont ensuite informé son père que Rabah avait été transféré à la caserne militaire commandée par YAKOUBI Mustapha.

Le 22 mars 1995 à 1h00 du matin, soit environ un mois après l’arrestation de Rabah, des militaires de la caserne de Bougara se sont rendus au domicile des BOUKHLIF. Ils étaient accompagnés de Rabah, vêtu d’une tenue militaire. Ils ont encerclé la maison mais l’ont laissé récupérer des affaires et embrasser ses enfants. Son père a demandé des explications aux militaires et ils lui ont répondu qu’il ferait mieux de donner de l’argent à son fils pour qu’il puisse fuir le pays avec ses enfants. Rabah risquerait en effet de se faire assassiner par les terroristes. Avant de repartir avec Rabah, les militaires ont convoqué son père à la caserne de Bougara, le jour même à 15h.

Ne pouvant être au rendez-vous à la caserne à 15h comme convenu, son père s’y est rendu seulement le lendemain mais les militaires lui ont annoncé que son fils avait été emmené ailleurs. L’oncle de Rabah a pourtant dit avoir vu Rabah deux mois et demi plus tard dans cette même caserne. Mais depuis la famille n’a plus jamais eu de nouvelle de Rabah.
INITIATIVES DE LA FAMILLE:  
Une plainte a été adressée par la famille de Rabah le 17 novembre 1997 au Procureur de la République auprès du tribunal militaire.

Le père du disparu a déposé une plainte le 30 décembre 1998, dont l’objet est une demande d’intervention, auprès du Ministre de la Justice. Une autre plainte a également été adressée au directeur du personnel du Ministère de la Justice.

Le 30 octobre 1999, le père a adressé une plainte au Procureur de la République du tribunal de Boufarik.

Plusieurs plaintes ont été adressées le 03 septembre 2004 par le père du disparu à la CNCCPPDH (Commission Nationale Consultative de Promotion et de Protection des Droits de l’Homme), au Ministre de la Justice demandant l’ouverture d’une enquête concernant la disparition de son fils, au Ministre de l’Intérieur, au Chef du Gouvernement et au Président de la République.

De nombreuses plaintes non datées ont également été envoyées par le père de Rabah, Abdelkader BOUKHLIF : au Chef du Gouvernement, au Procureur de la République du tribunal d’ALGER, au Procureur Général de la cour de BLIDA et au Médiateur de la République.
RÉPONSE DES AUTORITÉS:  
Suite à une plainte adressée au Président de l’Observatoire National des Droits de l’Homme (ONDH), Abdelkader Boukhlif  reçoit une réponse de l’ONDH en date du 31 décembre 1999 pour lui dire que d’après les recherches effectuées, Rabah n’a jmais été arrêté par les militaires ou les gardes communaux. Il n’aurait donc en fait jamais été recherché suite à sa disparition.

La famille BOUKHLIF a reçu deux convocations. Une de la part du procureur militaire de la république du tribunal de BLIDA demandant de se présenter devant le procureur le 14 juin 1999. Et une deuxième en date du 26 juillet 2004 de la part de la CNCPPDH, demandant à la famille de Rabah de se présenter au bureau de la CNCPPDH afin de les écouter.

C’est le 18 mars 2003 qu’Abdelkader reçoit une réponse du Chef du Gouvernement, suite à la plainte déposé le 10 février 2003. Dans ce courrier, les services du chef du gouvernement lui indique avoir bien reçue la plainte envoyée, et que celle-ci a été transférée au service du Ministère de l’Intérieur.

RAPPORT
ORGANISATION:   Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA)
ADRESSE DE L´ORGANISATION:   112 rue de Charenton, 75012 Paris, France
DATE :   04/08/2014